venerdì 30 maggio 2008

« vabbé puoi andare a nanna »

Locorotondo est si petite que, selon ce qu’on m’a dit à deux reprises, les gens intéressants (entendez par là curieux) ne peuvent pas se louper. C’était semble-t-il évident que je rencontre Lina, mon panda de libraire, puisque je fréquente les librairies et que je parle aux gens. C’était impossible que je ne remarque pas Cesare, avec ses moustaches de clown, son pantalon orange et son air lunaire. Et je ne pouvais pas non plus rater Lillo, le poète errant qui passe la moitié de son temps à écrire et l’autre à flâner dans la rue. Lillo est journaliste quand des journaux l’emploient, poète quand il trouve l’inspiration et la plupart du temps, il flâne (comme Clara) dans Locorotondo en se faisant traiter de fainéant par la plupart de ses amis.
Cesare est clown et il fait des spectacles de marionnettes quand le coeur lui en dit et quand il ne travaille pas à l’hôpital. Il m’a demandé une petite histoire pour en faire un spectacle pour les enfants. Etant donné ce qu’il m’avait dit sur les « poly-demandeuses », je ne pouvais pas résister à la tentation de lui inventer une petite princesse (française) qui n’arrête pas de poser des questions. Voici l’histoire de ma petite angevine. Je l’ai écrite pour lui en italien. Pour vous je l’ai traduite en français. Enfin, « traduite » est un bien grand mot… autant « traduite » que je suis capable ! (C'est-à-dire « réinterprétée ») Quoi qu’il en soit, je vous conseille de jeter un coup d’œil aux deux versions...



Le site de Cesare (que je n’ai pas eu le temps d’aller voir étant donné que mes minutes sur internet sont comptées !!) http://www.lucesare.it/
La Princesse italienne
Il était une fois une princesse italienne qui adorait poser des questions. Elle était capable de poser des questions sur tout et n’importe quoi, mais vraiment n’importe quoi. Elle habitait dans un grand trullo à Alberobello dans l’Itria, une vallée très très verte.
A chaque fois qu’elle rencontrait un étranger, elle lui demandait quel était le plus bel endroit qu’il avait vu. Tout le monde répondait toujours la même chose, sans hésiter, sûr et fier : « les pays de la Loire ! » Certains préféraient la Vendée et son île de Noirmoutier, d’autres avaient adoré Nantes et les derniers rêvaient d’habiter dans le château d’Angers. (là je suis en train de me demander si ma réinterprétation est vraisemblable, surtout pour Noirmoutier en fait !!!)
Un jour, au petit déjeuner, son père prononça le mot « matrimonio » (mariage). Le lendemain, il recommença et il le dit aussi en déjeunant. Le troisième jour, il l’a même répété en dînant. Quand enfin il le dit au goûter, la princesse décida de partir chercher un mari dans les Pays de la Loire, même si elle ne savait pas du tout comment y aller.
Elle mit une robe rouge et quelques culottes dans un sac à dos et partit.
Elle marcha, marcha, marcha.
De temps en temps, elle demandait à un passant : « s’il vous plaît, pouvez vous me dire où sont les Pays de la Loire ? »
La réponse était toujours la même : « Oui princesse, il suffit de monter »
Ainsi, elle monta, monta, monta, et un jour, elle arriva à Angers.
Elle était émerveillée. Elle vit une fouée et elle pensa que ce devait être un chapeau. Elle le mit sur sa tête et trouva que ça lui allait très bien. Elle vit le château et pensa : « waou ! Plus beau que mon trullo, je veux habiter là moi ! » Elle le loua (elle était pas franchement pauvre notre princesse).
Et puis avec tous ces gens qui la saluaient, l’invitaient chez eux, lui faisaient goûter des rillettes et du poisson au beurre blanc, elle pensait être arrivée dans un monde magique.
Un soir, elle sortit en discothèque et elle essaya la danse locale. Un jeune homme, voyant qu’elle était étrangère lui apprit à danser et toute la nuit, ils dansèrent, dansèrent, dansèrent. C’est justement en dansant qu’ils tombèrent amoureux, sans échanger un seul mot. Ah, l’amour... !
Seulement le lendemain, quand ils se revirent, ils commencèrent à parler. A vrai dire, c’est elle qui commença à parler parce que lui ne parvint pas à dire la moindre syllabe. La princesse lui fit un paquet de questions sans jamais lui laisser le temps de répondre.
- Que veut dire “un ragoton de fromage”?
- Pourquoi les tours du château ont été rasées?
- Pourquoi certains d’entre vous mangent des chapeaux (en montrant son chapeau-fouée)
- Où mène cette route?
- Qui était le roi René?
- Pourquoi ce quartier s’appelle la Doutre?
- ...
Deux tours de pendule.
Leur histoire d’amour ne dura pas plus longtemps.
Il se lassa et quand elle lui demanda son numéro de portable, il donna celui d’un ami, Nicolas.

Quand la princesse écrivit un sms à Nicolas :
ON SE RETROUVE A 5H? AU MAIL ?
(même dans les sms elle ne pouvait pas s’empêcher d’utiliser ces terribles points d’interrogation)
Il répondit :
A 5H? T’ES SÛRE?
Et elle:
OUI
Quand ils se rencontrèrent, la princesse ne se rendit pas compte de la différence: grand, cheveux châtains, accent du nord, écharpe en laine. Ca pouvait être le même homme. Mais ce n’était pas le cas. C’était Nicolas et Nicolas était différent. Il comprit qu’elle était italienne et il commença à lui poser un tas de questions:
- Où est l’Italie?
- Qu’est-ce que vous mangez?
- Comment est ton trullo?
- Qui est votre Président ?
- Comment dit-on fouée en italien?
- Tu connais les accroche-coeur?
- Et le festival premiers plans?
- Ca va tu n’as pas trop froid?
- Il y a des voleurs dans ton pays?
- Pourquoi es-tu partie?
- Tu aimes le chocolat lindt 70%?
- ...
Deux heures plus tard, elle ne le supportait plus et quand ils se quittèrent, elle lui donna le numéro de portable d’une amie.

La princesse décida de ne plus chercher l’amour et adopta un chat.
Au début, c’état très bien. Elle parlait toute la journée et le chat ne disait rien.
Puis elle se rendit compte qu’en réalité il dormait sans cesse et qu’il était très ingrat. Il partait sans prévenir et il revenait pour manger.
Quelle barbe !
Un jour, le chat ne revint pas et elle pensa avec un certain soulagement qu’il avait trouvé une petite amie. Ah, l’amour...

(Happy end)
Elle dut se convaincre qu’un chat ne peut pas remplacer un homme.
Quand soudain, coup de foudre. Elle vit un homme beau, mais beau, à l’air subtil et tendre, et sans rien contrôler, elle tomba à nouveau amoureuse.
Elle alla le trouver et lui dit tout net : “eh toi, je t’aime”
Et lui : “non parlo francese”
Quel hasard, un italien !
Ils ne se posèrent aucune question car ils savaient déjà tout l’un de l’autre sans se connaître. Ah, l’amour… !
Ils allèrent s’installer à Alberobello et vécurent heureux
...

La princesse s’adresse à Cesare
NON!
Je ne veux pas donner raison au vieux proverbe qui dit “moglie e buoi dei paesi tuoi”. On n’est quand même pas au Moyen Age ! Le XXIème siècle est celui de l’ouverture et de la tolérance. Et pis franchement, Cesare, j’ai quand même pas fait 2000 km à pied pour venir épouser un italien qui roule les rrrr.
Je t’en prie, trouve-moi une autre fin !

Happy end numéro 2
Elle dut se convaincre qu’un chat ne peut pas remplacer un homme.
Quand soudain, coup de foudre. Elle vit un homme beau, mais beau, à l’air subtil et tendre, et sans rien contrôler, elle tomba à nouveau amoureuse.
Elle alla le trouver et lui dit tout net : “eh toi, je t’aime”
Il la regarda dans les yeux avec une intensité extraordinaire et il ne dit mot.
Elle, fascinée, commença à lui parler de sa vie, elle lui posait des questions, elle riait.
Ils furent heureux et elle ne se rendit jamais compte qu’il était sourd et muet.

La princesse s’adresse à Cesare
Un sourd muet??? Ben tiens! J’ai l’air de quoi?
N’oublie pas que je suis une princesse. Cela signifie que, non seulement je suis belle, mais en plus intelligente. Comment je pourrais ne pas me rendre compte qu’il ne parle pas et qu’il ne comprend rien à ce que je lui raconte.
Ca ne me plait pas non plus, allez, Cesare, arrête ton char.

Happy end numéro 3
La princesse eut un mal de dent tellement douloureux qu’elle ne pouvait plus ouvrir la bouche. Le volume sonore des Pays de la Loire descendit d’un coup et quelques habitants pensèrent qu’on faisait une minute de silence national. D’autres imaginèrent que tous les enfants bavards avaient été punis au même instant dans toutes les écoles du pays.
Dans la salle d’attente du dentiste, la princesse, qui n’avait pas dormi pendant trois nuits à cause de sa douleur aiguë, s’endormit. Le dentiste, un beau jeune homme, en la voyant, devinez, tomba amoureux !
Malheureusement pour notre princesse, sa réputation avait déjà fait le tour du canton et le dentiste savait que cette très belle jeune fille posait trop de questions et qu’elle n’était pas supportable plus de deux tours de pendule. Mais elle était tellement ravissante, et le dentiste était tellement charmé, qu’il ne pouvait pas ne pas essayer de résoudre ce problème.
Notre dentiste savait que la mâchoire humaine est magique. En infiltrant une goutte de potion dans une dent soigneusement choisie, il pouvait la rendre muette. Ce qu’il fit, sans scrupule. Ah l’amour!
Ils vécurent heureux dans un beau château et ils eurent plein d’enfants aux dents très blanches.

La princesse s’adresse à Cesare
Elle est bonne! (rire amer)
T’es vraiment dingue si tu crois que je peux accepter un happy end de ce genre là! Tu n’iras pas te coucher tant que je ne serai pas satisfaite !
Allez, dépêche-toi.


Véritable Happy end
La princesse, à la fin, n’était plus tout à fait sûre d’avoir besoin d’un homme pour vivre. Elle se rendit compte de son propre bonheur. Elle vivait dans l’endroit le plus beau du monde et, chaque jour, grâce à ses interrogations perpétuelles, elle découvrait de nouvelles choses sur la vie et sur les autres
Elle était tellement sereine et heureuse que, peu à peu, beaucoup de gens commencèrent à l’envier. Notre princesse n’était pas du tout égoïste et elle voulait que tout le monde puisse profiter de cette joie de vivre si simple. Quand quelqu’un lui demandait comment elle faisait pour être si légère et heureuse, elle expliquait que c’était grâce à la « théorie des questions », un médicament tout nouveau qui permettait de soigner tous les maux du cœur, ceux du corps et ceux de la tête.
Elle racontait que, quand quelqu’un est triste, il doit essayer de s’ouvrir aux autres, s’intéresser à chaque petit détail, poser de questions en tout genre et, peu à peu, le contact humain lui permet de se sentir mieux.
Elle commença à proposer des conférences sur la « magie des questions » et nombreux furent ceux qui vinrent l’écouter, intrigués par cette princesse italienne qui soignait tous les maux avec de simples questions. Elle réussit à convaincre une grande partie de son public et ses interventions étaient une suite continue de questions sans réponse. C’était un point fondamental de sa philosophie de vie : la réponse ne compte pas, seule la question est curative.
Un jour où elle discutait avec un étranger qui venait de l’Angleterre, elle apprit qu’un prince anglais était célèbre parce qu’il soignait les maladies par les réponses.
Selon cette autre théorie, quand quelqu’un va mal, il doit retrouver confiance en soi. Voilà pourquoi il doit répondre à des questions, mais la question n’a aucune importance, ce qui compte c’est de répondre. Cela permet de se valoriser, de se sentir cultivé et intéressant.
Très intriguée, la princesse décida d’aller le trouver en Angleterre.
Elle mit sa robe rouge et ses culottes dans son sac à dos et elle traversa la Manche.
Elle écouta la conférence avec une grande attention : tout le monde répondait sans jamais poser de questions. A la fin, la princesse alla trouver le prince et elle lui posa un tas de questions auxquelles il répondit avec art et talent.
Plus la conversation avançait, plus leurs yeux s’écarquillaient : ils étaient tous deux émerveillés qu’une conversation puisse être aussi agréable. Ils ne virent pas le temps passer et quand finalement elle lui demanda : “on va manger des crêpes?” (allant jusqu’à oublier qu’elle était en Angleterre et plus en France), cela faisait déjà trois jours et trois nuits qu’ils s’étaient rencontrés. Vous avez deviné, ces deux-là, aussi différents que la lune et le soleil, tombèrent amoureux immédiatement. Ah, l’amour... !
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants bavards qui posaient des questions mais trouvaient aussi des réponses !

La princesse, un grand sourire aux lèvres, s‘adresse à Cesare.
C’est bon, tu peux aller faire dodo.



La principessa francese

C’era una volta una principessa francese a cui piaceva un sacco fare delle domande. Era capace di fare delle domande su qualsiasi cosa, ma proprio qualsiasi. Abitava nel grande castello di Angers in riva alla Loira, un fiume lungo lungo lungo.
Ogni volta che incontrava uno sconosciuto, gli chiedeva, per esempio, qual era il posto più bello che avesse visto. Tutti davano sempre la stessa risposta, senza esitare, sicuri e fieri: “la Puglia!” Chi preferiva il Gargano e le sue isole, chi invece aveva adorato Lecce e chi sognava di abitare in un trullo.
Un giorno, a colazione, il padre pronunciò la parola “matrimonio”. L’indomani, ricominciò e lo disse anche a pranzo. Il terzo giorno, lo ripeté a cena. Quando alla fine lo disse pure a merenda, la Principessa decise di andarsi a cercare un marito in Puglia, anche se non sapeva per niente come andarci.
Mise un vestito rosso e alcune mutande in uno zaino e partì.
Camminò, camminò, camminò.
Ogni tanto, chiedeva a una passante: “per favore, mi sa dire dov’è la Puglia?”
La risposta era sempre la stessa: “Sì Principessa, basta scendere giù”
Così, scese giù, scese giù, scese giù e un giorni, arrivò ad Alberobello.
Era meravigliata. Vide un tarallo e pensò che fosse un anello. Se lo mise al dito e le sembrò un ottimo segno del destino. Vide un trullo e pensò: “Magari! Più bello del mio castello, io voglio abitare qua dentro!” Se lo prese in affitto (mica era povera la nostra principessa).
E poi con tutta quella gente a salutarla, ad invitarla a casa, a farle assaggiare orecchiette e pesce fritto, pensava di essere giunta in un mondo magico.

Una sera, andò a vedere uno spettacolo di spizzica spizzica e provò anche lei la famosa danza pugliese. Un ragazzo vedendo che era forestiera le insegnò a ballare e tutta la notte ballarono, ballarono e ballarono. Si innamorarono proprio ballando, senza scambiarsi una parola. Ah, l’amour... !
Solo quando si videro l’indomani, cominciarono a parlare. A dire il vero, cominciò lei a parlare, perché lui non riuscì a dire la minima sillaba. La principessa gli fece un sacco di domande senza mai lasciargli il tempo di rispondere:
- Cosa vuol dire “sciamanin”?
- Perché i trulli sono fatti a secco?
- Come mai certe persone mangiano degli anelli (facendo vedere il suo, di anello-tarallo)
- Dove porta questa strada?
- Chi era San Nicola?
- Perché queste isole si chiamano diomedee?
- ...
Due giri dell’orologio.
La loro storia d’amore non durò più a lungo.
Lui si stancò e quando lei gli chiese il suo numero di cellulare, diede quello di un amico suo, Pino.

Quando la principessa scrisse un messaggino a Pino:
CI VEDIAMO ALLE 7? DAVANTI A SANT’ANTONIO?
(anche nei messaggini non poteva fare a meno di questo tremendo punto interrogativo)
lui rispose:
ALLE 7? SEI SICURA?
E lei:

Quando si videro, la principessa non si rese conto della differenza: basso, capelli bruni, accento pugliese, occhiali da sole. Poteva essere lo stesso uomo. Ma non era così, quello era Pino e Pino era diverso. Lui capì che era francese e cominciò a farle un sacco di domande:
- Dov’è la Francia?
- Che cosa mangiate?
- Com’è il tuo castello?
- Chi è il vostro presidente?
- Come si dice tarallo in francese?
- Esistono i dialetti?
- Capisci il dialetto alberobellese?
- Non senti troppo caldo?
- Ci sono ladri nel tuo paese?
- Perché sei partita?
- Ti piace la Nutella?
- ...
Dopo un paio d’ore, lei non lo sopportava più e quando si lasciarono, gli diede il numero di cellulare di una sua amica.

La principessa decise di non cercare più l’amore e addomesticò un gatto.
All’inizio, era molto bello. Lei parlava tutto il giorno e il gatto non diceva niente.
Poi si accorse che in realtà dormiva sempre ed era anche molto ingrato. Partiva senza avvertire e tornava solo per mangiare.
Che noia!
Un giorno, il gatto non tornò e lei pensò sollevata che avesse trovato una gatta. Ah, l’amour...

(Happy end)
Si dovette convincere che un gatto non può sostituire un uomo.
All’improvviso, colpo di fulmine. Vide un uomo bello, ma bello, dall’aria sottile e tenera e senza controllare niente, si innamorò di nuovo.
Lo andò a trovare e gli disse chiaro e tondo: “senti, ti amo”
E lui : “Je ne parle pas italien”
Guarda caso, un francese !
Non si fecero domande perché tutto già sapevano l’uno dell’altra senza conoscersi. Ah, l’amour… !
Tornarono a vivere a Angers e furono felici.

La principessa si rivolge a Cesare
NO!
Io non voglio dar ragione al vecchio detto popolare che dice: “moglie e buoi dei paesi tuoi”. Mica siamo nel Medioevo! Il XXI° secolo è quello dell’apertura, della tolleranza. Poi, Cesare, non ho fatto 2000 km a piedi per sposarmi un pallido francese dalla rrr moscia.
Ti prego, trovami un’altra fine.


Happy end numero 2
Si dovette convincere che un gatto non può sostituire un uomo.
All’improvviso, colpo di fulmine. Vide un uomo bello, ma bello, dall’aria sottile e tenera e senza controllare niente, si innamorò di nuovo.
Lo andò a trovare e gli disse: “senti, ti amo”
Lui la guardò negli occhi con un’intensità straordinaria e non disse parola.
Lei, affascinata, cominciò a parlargli della sua vita, gli faceva domande, rideva.
Furono felici e lei non si accorse mai che era un sordo muto.

La principessa si rivolge a Cesare
Un sordo muto??? Ma dai! Che figuraccia!!!
Non dimenticare che sono una principessa. Il ché significa che, oltre ad essere bella, sono anche intelligente. Come faccio a non rendermi conto che non parla e non capisce quello che gli dico?
Neanche questa mi piace, dai Cesare, fammi il piacere...


Happy end numero 3
La Principessa ebbe un mal di dente dolorosissimo sicché non poté più aprire la bocca. Il volume sonoro della Puglia scese di botto ed alcuni abitanti pensarono che si facesse un minuto di silenzio nazionale. Altri immaginarono che fossero stati puniti tutti nello stesso momento i bambini troppo chiacchieroni delle scuole del paese.
Nella sala d’attesa del dentista, la Principessa, che non aveva dormito per tre notti a causa di questo dolore acuto, si addormentò. Il dentista, un bel giovanotto, quando la vide, indovinate, si innamorò!
Purtroppo per la nostra Principessa, la sua fama era ormai diffusa e il dentista sapeva che questa ragazza bellissima faceva troppe domande e non era sopportabile più di due giri di un orologio. Ma era troppa splendida, e il dentista era troppo ammaliato per non cercare di risolvere questo problema.
Il nostro dentista sapeva che la mascella umana è magica. Infiltrando una goccia di pozione nel dente apposito, poteva riuscire a renderla muta. Quel che fece, senza scrupoli. Ah l’amour!
Vissero felici in un bel trullo ed ebbero tanti figli dai denti bianchi bianchi.

La principessa si rivolge a Cesare
Questa è buona! (riso amaro)
Ma tu sei proprio fuori di testa se pensi che io possa accettare un happy end del genere! Non andrai a dormire finché non sarò del tutto soddisfatta!
Dai, sbrigati!


Vero e proprio Happy end
La Principessa alla fine, non era più così sicura di aver bisogno di un uomo per vivere. Si rese conto della propria felicità. Viveva nel posto più bello del mondo ed ogni giorno, grazie alle sue continue domande, scopriva nuove cose sulla vita e sugli altri.
Era così serena e allegra che a poco a poco, molti cominciarono ad invidiarla. La nostra Principessa non era per niente egoista e voleva che tutti gli altri potessero approfittare della stessa semplice gioia di vivere. Quando uno gli chiedeva come facesse ad essere così leggera e felice, spiegava che era grazie alla “terapia delle domande”, una medicina nuovissima che permetteva di curare tutti i mali: quelli del cuore, quelli del corpo e quelli della testa.
Raccontava che, quando uno è triste, deve provare ad apririsi agli altri, interessarsi ad ogni piccolo dettaglio, fare delle domande di ogni genere e, a poco a poco, il contatto umano gli permette di sentirsi meglio.
Cominciò a proporre delle conferenze sulla “magia delle domande” e molti venivano ad ascoltarla, incuriositi da questa principessa francese che curava ogni male con delle semplici domande. Riuscì a convincere la maggior parte del pubblico e i suoi interventi erano un susseguirsi di domande con poche risposte. Questo era un punto fondamentale della sua filosofia di vita: la risposta non importa niente, è la domanda ad essere curativa.
Un giorno che stava chiacchierando con uno straniero proveniente dell’Albania, venne a sapere che un principe albanese era famoso perché curava tutte le malattie con sole risposte.
Secondo quest’altra teoria, quando uno sta male, deve ritrovare la fiducia in se stesso. Perciò deve rispondere a delle domande, ma non importa la domanda, l’importante è solo rispondere. Permette di valorizzarsi, di sentirsi colto ed interessante.
Molto incuriosita, la principessa decise di andare a trovarlo in Albania. Mise il suo vestito rosso e le sue mutande nel suo zaino e attraversò il mare Adriatico.
Ascoltò la sua conferenza con grande attenzione: tutti davano delle risposte senza mai farsi delle domande. Alla fine, la principessa lo andò a trovare e gli fece un sacco un domande a cui rispose con arte e talento.
Più la conversazione andava avanti, più i loro occhi si spalancavano: tutti e due erano meravigliati che una conversazione possa essere così piacevole. Non videro il tempo passare e quando finalmente lei chiese “andiamo a mangiare una pizza?” (aveva pure dimenticato di essere in Albania e non più in Italia), erano già passati tre giorni e tre notti dal loro incontro. Avete indovinato, queste due persone assolutamente opposte si innamorarono subito. Ah, l’amour... !
Vissero felici ed ebbero molti figli chiacchieroni che facevano sia le domande che le risposte.

La principessa, con un bel sorriso, si rivolge a Cesare:
Vabbé, puoi andare a nanna.

« nuda son venuta e nuda me ne andrò »

Oups, j’aborde un chapitre délicat ! C’est parce qu’on m’en a beaucoup parlé ces derniers jours et que je continue à faire refléter avec fidélité ce que je vis ici.
Là, on sort du conte en pâte fimo !
L’argent c’est un des tristes problèmes de nos sociétés contemporaines. Qui n’en a pas et en donne à tout le monde, qui en a trop et attend qu’il se couvre de moisissure et qui opte pour une attitude neutre de demi-mesure.
La remarque la plus sensée que j’ai entendue ici, elle est venue de Filomena : « nuda son venuta e nuda me ne andrò » (je suis arrivée toute nue et nue je partirai). C’est une philosophie qu’elle ne partage pas avec la majorité, sans aucun doute.
D’une manière générale, les gens se plaignent de ne pas en avoir assez. Ils prennent une mine contrite quand on leur demande s’ils partent en vacances pour faire comprendre que, malheureusement, ce n’est pas possible : la maison à payer, les travaux à assurer, la petite dernière qui entre à l’université, le prêt pour la voiture. Pour en avoir plus, certains cumulent les emplois, d’autres font des heures supplémentaires.
Comme en France, me direz-vous.
Les « gratta e vinci » (les gratte et gagne, tout est dit !) sont arrivés ici avec un peu de retard par rapport à chez nous et connaissent un succès d’estime. Dimanche matin, quand nous sommes partis aux Tremiti, nous nous sommes arrêtés sur une air d’autoroute. A 7h du matin, mes yeux peinaient à s’entrouvrir et déjà, une dame pestait parce que le serveur ne pouvait pas lui payer son gain. Elle avait acheté un « Milionario », gratté avec une pièce et découvert qu’elle avait gagné 15 euros. Hélas, la machine du bar était cassée et elle a eu beau faire un esclandre, elle n’a pas pu récolter ses sous. On m’a expliqué qu’il existe un mythe du billet à gratter d’autoroute. Ce sont visiblement ceux qui ont le plus de chance de gagner. Voilà pourquoi dès potron minet, ils agitent leurs poignets avec l’espoir fou de devenir « milionario ». Magari…
Dans la même idée, j’ai constaté que plusieurs petits bars de Locorotondo sont équipés de machines à sous. On met un jeton, on tire sur une manivelle et on attend de savoir si la machine expulse une flopée de jetons dans un grand fracas (pour que tout le monde soit bien au courant) ou affiche simplement une phrase incitative du genre « essaye encore ». Je me suis trouvée là aussi en plein spectacle un matin où je prenais mon petit déjeuner. La seule table libre était celle juste à côté d’une des machines et un homme réunissait toute sa concentration pour jouer. Qui sait ? Peut-être que la vitesse à laquelle on tire sur la manivelle permet de gagner davantage. Je l’ai observé un peu comme une poule qui aurait trouvé un couteau. D’autant plus qu’il a du être particulièrement chanceux, enfin doué je veux dire, car sa machine a fait un vacarme incroyable : toutes les minutes, un enregistrement imitait le bruit d’une cascade dans la piscine de Picsou. A aucun moment il ne s’est retourné pour voir si quelqu’un observait ses gains multiples. Je suppose qu’il essayait de passer un peu inaperçu. Au bout d’un certain temps, il a changé de machine et il a continué un peu à jouer. Puis il est sorti, la tête haute, prêt à aller travailler. Probablement sur un chantier, si j‘en crois sa tenue (parfois, l’habit fait un peu le moine).
Vous voyez, on essaye beaucoup de stratégies pour arrondir les fins de moi et je passe sur les jeux télévisés seulement parce que ma connaissance en est trop lacunaire.
Ce qui est certain, c’est que les Italiens ont l’impression, et je l’ai constaté du Nord au Sud, en parlant avec des gens bien différents, d’avoir été parfaitement escroqués par un monstre qui a divisé par deux leur pouvoir d’achat : l’implacable et terrifiant euro. Impression probablement fondée, au moins en partie. La démonstration qu’on m’a faite plusieurs fois, je l’ai constatée moi-même et je la fais aussi quand ça se présente :
- Au temps des sacro-saintes lires, un café coûtait 1000 lires, un joli petit billet gris.
- Le taux de change de l’euro est très simple : 1 euro équivaut à 2000 lires.
- Au temps de l’Europe et des euros, un café devrait donc coûter 50 centimes d’euro.
- Or, un café coûte, en moyenne, 1 euro.
La démonstration est valable pour le pain, les chaussures, les maisons, les cartables, les dictionnaires, les chaises, … j’arrête là, la liste pourrait être longue !
Bien évidemment, comme on peut facilement l’imaginer, il existe une exception : le salaire !
Il n’a pas doublé. On doit donc continuer à acheter des choses qui coûtent deux fois plus cher avec un salaire équivalent. Voilà pourquoi les Italiens tirent la langue, voilà pourquoi les mammoni et les femmes de ménage étrangères (payées moins cher que des Italiennes) remplissent les maisons familiales.
Une parenthèse sur les revenus, justement. Après plusieurs conversations de-ci de-là, j’ai remarqué que beaucoup se considèrent victimes du système et pensent que la situation est plus belle ailleurs. Quand je tiens des conversations sur ces problèmes de pouvoir d’achat, après avoir dit que l’euro les a ruinés, les gens me demandent combien je gagne dans le but de démontrer qu’ils sont vraiment dans une situation difficile. J’ai longtemps cru qu’effectivement, nous, français, étions privilégiés en annonçant mon salaire. Et puis l’année dernière, à Parme, j’étais hébergée par la secrétaire de l’école qui tenait les comptes, Paola. Et en discutant avec elle, j’ai découvert que le salaire d’un prof français est équivalent au salaire d’un prof italien, même si ça ne semble pas être le cas à première vue. Je gagne 1700 euros, Anna 1500 (à ancienneté quasi équivalente). Mais, et c’est là que se trouve la subtilité, les Italiens ont la tredicesima (le treizième mois) et payent moins d’impôt sur le salaire. En outre, ils sont payés quand ils organisent des voyages à l’étranger (une somme modique semble-t-il).
Ce qui est certainement beaucoup plus difficile en Italie qu’en France, et beaucoup plus difficile dans le sud que dans le nord de l’Italie, c’est de trouver un travail. Les jeunes suent sang et eau pour dégoter un emploi de misère. Les gens ici se désolent des familles divisées par le travail. J’ai en tête quantité d’exemples d’un frère, fils, oncle, d’une sœur, fille, nièce, partis à Bologne, à Milan, à Turin in cerca di lavoro. Et ensuite, quand le travail démarre, comment faire pour redescendre ? On revient pour les vacances et on s’implante au nord, avec plus ou moins d’amertume…
Comment faire pour dynamiser une région que les jeunes doivent fuir contre leur gré ?
J’ai effectué un sondage dans les classes pour savoir grosso modo si les jeunes continuaient à utiliser le dialecte. La quasi-totalité des lycéens connaissent le dialecte, l’utilisent, et en sont fiers ! Si on leur demande s’ils se sentent européens, ils répondent avec superbe qu’ils sont « pugliesi ». Ils l’aiment leur région… et c’est pour cela que beaucoup finissent par choisir leurs études selon les possibilités offertes par la fac de Bari et trouvent de modestes emplois dans leur village. Ceux qui veulent travailler se résignent à quitter le pays.

giovedì 29 maggio 2008

Oh, c’est moi !


Pour montrer à Nana que je porte sa jupe et à ma’ que je porte mes lunettes de soleil pour protéger mes petits yeux fragiles, si grands pour pouvoir engloutir tant de choses en si peu de temps.


Cucitura barese


Après les cours, je suis allée à Bari pour vérifier s’ils avaient bien les reliques de San Nicola. J’ai vu une grande tombe dans la crypte de la cathédrale et elles doivent être à l’intérieur.
C’est le petit train du far west qui permet d’aller de Noci à Bari sans aucune difficulté, juste un peu de patience. Le prix est dérisoire ; 3 euros 60 et on a bien le temps de profiter du paysage. Cela m’a permis de constater que les bottes de foin sont partout, pas seulement dans la vallée d’Itria et que les figuiers de Barbarie sont en fleur.
A la sortie de la gare, j’ai été un peu écrasée par la chaleur. Quand les gens disent que Locorotondo est dans la montagne, il doit y avoir un peu de vrai… Ca doit bien être à 300 mètres et on sent la différence (Jean, c’est loin, bien loin de tes sommets).
En sortant de la gare, on est happé par une grande avenue pleine de magasins et de vendeurs à la sauvette Sénégalais. J’ai failli essayer d’aller en saluer quelques uns en wolof, j’ai fait remonter à la surface quelques salutations de base mais finalement, j’ai abandonné, un peu intimidée par le nombre. Ils étaient tous réunis en groupes de 5 ou 6, ça ne donne pas envie de faire une blague. Et puis ce matin, quand j’ai dit au lycée que j’allais à Bari, on m’a recommandé la plus grande prudence et je me suis souvenue des recommandations maternelles selon lesquelles on n’est pas sensé s’adresser aux inconnus, surtout si on n’a rien de particulier à leur demander comme c’était le cas.
En arpentant le centre de la vieille ville, j’ai eu l’impression de coudre. J’étais une sorte d’aiguille, mon ombre le fil qui tentait de me suivre, et j’allais et venait d’une ruelle à l’autre autour des deux églises principales comme si je brodais une fleur.
A Bari aussi, les femmes balayent dans la rue et nettoient le morceau de rue devant chez elle. A Bari aussi, les pavés sont propres et luisants. Les murs sont moins irréprochablement blancs. D’autres femmes, assises autour de grandes bassines au milieu de la rue, préparent des artichauts pour en faire des conserves. D’autres encore font des ateliers « orecchiette » : trois boules de pâte, les petits rouleaux, le couteau, le coup de main, vous vous souvenez ? Elles sont beaucoup plus rapides que moi !
Ou Bari est une ville extrêmement religieuse ou j’ai perdu toute objectivité, effet probable de mes recherches d’hier sur Santa Maria della Greca. J’ai été un peu obnubilée par la religion. D’après ce que j’ai constaté, les images pieuses sont à Bari ce que les mouettes sont aux îles Tremiti : on ne peut pas faire une photo sans en voir au moins une dans un coin !
Non seulement les rues sont pleines d’églises, mais entre deux églises, il ne se passe pas cent mètres sans qu’on voie une petite chapelle avec une icône, une bougie ou une ampoule électrique et un petit chapiteau. Si on s’aventure à l’intérieur des petites cours sur lesquelles donnent les maisons (ce que j’ai fait car toutes les portes étaient ouvertes), on trouve, coincé entre deux boîtes aux lettres et un compteur électrique, un Christ entouré d’une guirlande bleue ou des centaines d’effigies différente du saint le plus prisé et qui ne risque aucune concurrence étant donné l’avance dont il dispose, j’ai nommé San Nicola. San Nicola avec un manteau vert, un manteau jaune, une auréole, des guirlandes électriques, une petite lanterne, un napperon, des fleurs, et même des messages politiques « San Nicola vuole i fiori ! Non la spazzatura ! ». Ils ne sauraient exprimer avec plus de force leur fierté d’avoir hérité de ce saint renommé.

(le ruban bleu, ça veut dire qu'un enfant est né... un petit garçon ! et ça c'est valablre dans toute l'Italie)

La Basilique San Nicola, l’exemple le plus important de l’architecture romane dans les Pouilles lui est dédié. Ce qui m’a le plus frappé, c’est le pupitre d’Elia, dans l’autel. Les corps sculptés dans la partie inférieure expriment une rage terrible. La deuxième église la plus importante est la Cathédrale dédiée à Santo Sabino. Là j’ai surtout été envoûtée par la musique, j’ai assisté à une répétition pour un concert qui devait avoir lieu le soir même. Je suis contente d’avoir eu cette première approche de Bari. C’était rapide, mais je me suis immergée dans l’atmosphère de la vieille ville. Les gens qui parlent, le souverain silence de la sieste à 15h, les premiers remous de 17h. Les femmes qui s’affairent dans la rue, les hommes qui jacassent au bar.

mercoledì 28 maggio 2008

Santa Maria della Greca



Merci de ta curiosité Jean, je suis toujours ravie d’essayer de répondre à tes questions.
Je suis retournée faire le tour de l’église, je l’ai explorée de fond en comble, j’ai lu toutes les inscriptions qui traînaient ça et là et aucune n’explique l’origine du nom, mais elle s’appelle Santa Maria della Greca et elle est dédiée à San Giorgio. J’ai poussé le vice jusqu’à aller à la bibliothèque de Locorotondo pour consulter un livre tout entier dédié à cette église et nulle part ils n’expliquent d’où vient ce nom, comme si c’était évident pour tout le monde. Dans ce livre de 100 pages sur l’église tout est passé en revue de son toit original en forme de Cummerse, comme le reste du village, au polyptique qui se trouve dans l’autel (où sont représentés Santa Lucia, San Pietro, San Paolo e Sant’Oronzo), mais il n’y a pas un mot sur le haut de la façade.
J’ai demandé à droite à gauche et c’est Cesare qui m’a donné un indice de réponse en me parlant de « perdùne ».
Si on exclut la croix et la coquille Saint Jacques qu’on reconnaît facilement, c’est le chapeau et le bâton au centre qui posent problème. Cesare dit qu’ils représentent les « perdùne » de Taranto.
La semaine sainte à Taranto commence toujours sous le signe de la pénitence par un rite qui a lieu le jeudi, le jour de la Cène. 80 hommes animent une procession qui dure 9 heures et pour laquelle ils passent dévotement d’église en église. A 15h le jeudi, ces hommes se préparent : ils sont pieds nus et portent un vêtement blanc couvert d’un manteau crème appelé « mozzetta ». A la ceinture ils ont un cordon en cuire où sont accrochées des médailles. Ils ne peuvent pas montrer leur visage, ils sont cachés par une longue capuche blanche couverte d’un chapeau noir bordé de bleu et portent dans la main un long bâton (le chapeau et le bâton de la façade). A la fin de la procession, ils sont bénis par le père de la confraternité. Ils marchent très très lentement ; ils peuvent mettre une heure à faire 30 mètres ! Un peu comme si un poids énorme leur pesait sur les épaules.
Ca peut donc être une référence à ce rite locale.


Mais selon Anna, ce n'est pas le cas : c'est seulement une référence au voyageur...
Sinon, pour ce qui est des saints, le plus « gettonato » c’est San Nicola di Bari. Tu le connais peut-être, Jean, mais je résume. San Nicola a vécu au IVème siècle à Mira. Ce sont les seules informations historiques. Les légendes ont fait de lui le chef des thaumaturges du coin (« le coin » s’étendant sur une vaste zone géographique de l’Orient grec et slave à l’Occident latin). C’est le saint patron des navigateurs, et le protecteur des enfants, un mec bien non ?
Le culte de San Nicola s’est répandu dans tout l’empire bizantin, Italie comprise, et au XIème siècle les vénitiens ont essayé de dérober ses reliques mais ils ont été doublés par les Baresi qui ont rapporté les os su saint à Bari sans qu’on ne sache trop comment en 1087. La fête de Saint Nicola, le 6 décembre, est devenue la fête des enfants en Italie et c’est lui qui aurait donné naissance à Santa Claus… Ce n’est donc pas Coca Cola. ;o)
Je me renseignerai sur les autres saints locaux. Pour finir, quelqu’un pourrait-il expliquer à Hélène comment poster des messages. Moi je ne sais pas comment vous faites. Mais en tout cas je vous remercie, ça me fait vraiment très très très plaisir de vous sentir tellement avec moi.

« A quelle heure doit-on partir ? »

Retour à Locorotondo en douceur. Un magicien attentionné a changé mon paysage quotidien de peur que je ne me lasse. En vérité, j’étais loin d’être lasse mais je suis contente de ces changements. Des bottes de foin déposées ça et là ponctuent mon horizon de boules jaunies et les champs se sont changés, ils ont retiré leur pulls verts et endossent une robe d’été couleur paille. Tout semble plus sec alors que les premiers jours de grosse chaleur arrivent.
Au lycée, les élèves me font rire, encore plus qu’en France, à cause de leurs maladresses d’expression. J’essaye de ne pas trop le montrer pour qu’ils continuent à oser s‘exprimer. Je ne résiste pas à la tentation de vous raconter un des cours de ce matin.
J’ai constaté que les élèves de prima avaient des difficultés énormes pour prendre la parole à l’oral. Je leur ai préparé pendant le week-end un exercice pour les entraîner à dialoguer entre eux. J’avais élaboré des petits scenarii et chacun devait jouer un rôle.
Un des scénarii : Deux amis discutent pour préparer leurs vacances d’été. Ils doivent décider le lieu où ils iront, à quelle période ils partiront, avec qui et pour combien de temps. (Nous avions fait un travail de compréhension de l’oral sur un dialogue où deux de mes élèves préparaient un séjour à Noirmoutier… quand je pense aux îles Tremiti et que je revois mes vagues souvenirs gris de Noirmoutier, je suis encore plus contente d’être ici !).
Ils étaient évidemment libres de modifier les données, ce qui comptait avant tout, c’était de rendre le dialogue le plus naturel possible. Ou plutôt, le moins artificiel !
Deux groupes sont passés sur ce scénario, pas extraordinairement original, j’en conviens mais assez réaliste. Chacun d’entre nous a déjà tenu ce genre de conversation, eux compris !
Cinq minutes de préparation et hop.
Premier groupe. (hélas, ô combien hélas, il vous manque leur accent macheronico !)
- Où dévons-nous aller ? (comme ça, sans introduction rien et en regardant ses pieds, mais avec une belle inversion du sujet, remarquons-le au passage et même, ce qui n’apparaît pas ici, une magnifique liaison « devons-nous z aller » qui laisse penser qu’il n’y avait même pas de faute d’orthographe dans sa phrase… ce qui m’a rendu très tolérante sur l’utilisation approximative du verbe devoir !!)
- On va en Afrique. (réponse brute et décisive!!!)
- A quelle heure doit-on partir ?
(blanc)
(hésitations)
(regard perdu et suppliant)
Je les arrête voyant qu’ils deviennent rouges et craignant pour leur santé et je leur explique vaguement pourquoi c’est absolument tout sauf vraisemblable. Je me moque gentiment mais sincèrement de la dernière réplique, en expliquant qu’on peut difficilement envisager cette question à ce stade de leur conversation ! En outre, avant de connaître l’heure, la destination mériterait peut-être d’être vaguement précisée !!
Pleine d’enthousiasme, je hèle un second groupe, sur le même thème, pensant naïvement que les consignes peuvent aider les suivants.
Second groupe.
- Où voulez-vous aller ? (je n’invente pas le vouvoiement, je répète tel quel, remarquez qu’ils sont drôlement au point pour l’inversion et la liaison, voir plus haut)
- Je veux aller en Spagne.
- Je préféré France.
Alors que je commence à sourire à l’écoute de ces fantaisies de lexique et de prononciation, arrive le plus beau.
- A quelle heure doit-on partir ?
Non vraiment, si vous ne me croyez pas, je comprends mais je vous assure que c’est vrai.
J’avoue, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire.
Je ne sais pas si c’est parce que j’y suis habituée ou seulement parce que ce n’est pas ma langue maternelle mais les erreurs me font beaucoup moins rire en italien.
C’est élèves pleins de bonne volonté ont appris quelques phrases par cœur et veulent à tout prix me les offrir, c’est vraiment une bonne intention… mais ils sont loin, bien loin, du sens que j’essaye de donner à leur apprentissage… La langue ne leur semble pas encore être un outil de communication mais seulement une matière scolaire à apprendre par cœur. J’espère que ça changera...

martedì 27 maggio 2008

Indovinello


Che cos'è?????????